Le miroitement des idées

18.04.2026 - 14.06.2026

Aline Forçain

Vernissage le 18.04.2026 à 11:30

Dominique Lang

exposition fermée les jours fériés

ALINE FORÇAIN

Le miroitement des idées

18.04.2026 -14.06.2026

Vernissage, samedi le 18.04.2026 à 11h30 en présence de l’artiste au Centre d’art Dominique Lang

Exposition ouverte du mercredi au dimanche de 15h00 à 19h00 au Centre d’art Dominique Lang

Avec le soutien de l'Oeuvre Grande-Duchesse Charlotte

Sentir la forêt et entrer le ciel

Une relation présymbolique à la nature dans l’œuvre d’Aline Forçain

Extrait du texte qui accompagne l’exposition Le miroitement des idées

Centre d’art Dominique Lang, Dudelange

18.04 -14.06.2026

L’œuvre d’Aline Forçain interroge l’écart entre le « paysage » – construction culturelle et cadrée de notre environnement – et l’expérience vécue, consciente et sensorielle de la nature. À contre-courant de la cadence occidentale, l’artiste propose une ode à l’activité manuelle et aux rythmes intérieurs, explorant une relation au monde qui précède le langage.

Dans L’invention du paysage[1], la philosophe Anne Cauquelin développe l’idée selon laquelle le paysage n’est pas une réalité naturelle évidente, mais une construction culturelle propre à l’Occident qui nait avec la perspective, ou, plus exactement avec les nouvelles structures de la perception qu’introduit la perspective. Il est donc le résultat d’un travail du regard : nous croyons voir la nature directement, alors que nous la percevons à travers des modèles artistiques, des codes et des habitudes culturelles. 

[…]

Nous pouvons ainsi comprendre la démarche que développe Aline Forçain depuis 10 ans comme une tentative de revenir aux sources de la perception de la nature qui devient alors une synesthésie au sens propre du terme, d’essayer de ressentir dans leur intensité et dans leur pureté enfantines les sensations de la terre, des arbres, du souffle de la forêt : il s’agit ici de cultiver une relation présymbolique à la nature, comme si l’on entrait dans la forêt pour la première fois.

[…]

« Métasensibilité » est le terme choisi par l’artiste pour décrire sa démarche comme l’esquisse d’une nouvelle cosmogonie où l’humain ne surplomberait plus la nature, mais se laisserait habiter par elle – à la manière de l’élément de l’eau qui traverse naturellement l’exposition – retrouvant ainsi, à travers le geste artistique, la vibration d’un lien originel et sensible au vivant.

Sofia Eliza Bouratsis

Théoricienne de l’art, curatrice d’expositions

Gallérie Nationale – Musée Alexandros Soutsos, Athènes



[1] Anne Cauquelin, L’Invention du paysage, Paris, Presses Universitaires de France, « Quadrige », [1989] 2004.