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TERRE AUX RISÉES
photographie N/B
14,2 x 9,8 cm |
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POL PIERART est né en 1955. Il vit et travaille à Embourg, Belgique.
Il a poursuivi des études à l’Académie royale des Beaux-Arts de
Liège, section peinture décorative et option photographie, de 1972 à
1978. Il expose depuis 1979 ses peintures et photographies dans de
nombreux musées et galeries en Belgique et à l’étranger.
Il est représenté en belgique par la Galerie Jacques Cerami de Charleroi
qui l’expose régulièrement.
EXPOSITIONS PERSONNELLES :
1991 – Musée de la Photographie, Charleroi
- Galerie du Cirque Divers, Liège
1992 – Galerie Cyan, Liège
1993 – Galerie Gille-Stiernet, Bruxelles
1995 – Galerie Gille-Stiernet, Bruxelles
- Galerie Flux, Liège
1996 – Observatoire-galerie, Bruxelles
- Galerie Cyan, Liège
1997 - Galerie du Musée Guillaume Apollinaire, Stavelot
1998 – Galerie Path, Alost
_ Centre d’Art Nicolas de Staël, Braine l’Alleud, avec Valérie Mréjen
- Centre culturel de Marchin, avec Piet Pollet
- Galerie Gille-Stiernet, Bruxelles
1999 – Centre d’Art contemporain du Luxembourg Belge, Grange du Faing à Jamoigne
2000 – Galerie Nadja Vilenne, Liège
- Théâtre Royal de Namur
- Espace « D’une certaine gaieté », Liège
2001 - Maison de la culture de Namur
- Galerie de Tarussa, Liège
- Centre culturel de Marchin
2002 - Galerie Arena, avec Thomas Chable, Ecole Nat. de photographie, Arles (dans le cadre
des rencontres de la Photographie à Arles)
- Galerie Bernard Bouche, Paris
2003 - Centre culturel « La Vénerie », Watermael-Boitsfort
- Espace photographique Contretype, Bruxelles
- Center for contempory art, Varsovie
- Centre culturel Saint-Exupéry, Reims
- « La maison qui bouge » (avec Philippe Herbet), Maffe.
- « Et le bonheur… », Expositions de photographie en Condroz
2004 - « Les Brasseurs, art contemporain », Liège
- « Galerie Jacques Cerami », Charleroi
2006 - « Espace Uhoda, Liège, (publication)
2007 - « Galerie Bernard Bouche, Paris
- « Galerie Jacques Cerami », Charleroi (peinture- photographie-vidéo)
PRINCIPALES EXPOSITIONS COLLECTIVES :
1982 – « La marelle », galerie l’A, Liège
1983 – Centre culturel de Seraing
1984 – « 13 Interventions dans le lieu », ancien cirque d’hiver de liège
- Art Actuel à Chaudfontaine
1985 – « Signatures », galerie l’A, Liège
- Art actuel, Liège, Musée d’Art Moderne
1986 – Rétrospective l’A, Musée d’Art Moderne, Liège
- Art Actuel à Liège, Musée d’Art Moderne
1989 – « Fenêtres en vue », Liège
1992 – Cinque artisti Belgi, Palazzo Martinengo, Brescia, Italie
1993 – “La Photographie en Belgique, de 1839 à nos jours”, Musée de la Photographie, Charleroi
1994 – « Valises », Musée d’Art Moderne de Liège et Ludwig Forum de Aachen
- « Le sens de la couleur », galerie Cyan, Liège
1995 – Rétrospective du Cirque Divers, Musée d’Art Moderne & d’Art Contemporain de Liège
1996 – « Art’Stavelot 96
- « Mouvement-Inertie », Liège, Aachen, València
- « Les maux et les mots », galerie du Cirque Divers, Liège
1997 – 15th Art Brussels, galerie Cyan
- « Dérision & raison, Musée de la Photographie, Charleroi
- « Magritte en Compagnie », Le Botanique, centre culturel de la communauté française, Bruxelles
1998 – Musée de la Photographie, Charleroi
1999 – « Les témoins oculistes », Bruxelles
2000 – « Images de mots », Orion Art Gallery, Ostende
- « Féerie pour un autre livre », Musée Royal de Mariemont
- « Drapeaux d’artistes », Liège
2001 – « La peinture contemporaine au Pays de Liège, Salle Saint-Georges, Liège
- « Surréalisme et photographie », Musée de la Photographie à Charleroi
- « La 3ième mi-temps », le Comptoir, liège
- « L’art et le sein », Liège
- « Ici et maintenant », Tour et Taxis, Bruxelles
2002 – 3ième Biennale de la Photographie à Liège
- « Bonjour », 24 artistes vous rencontrent, Liège
- Les Aubenades de la photographie, Aubenas, France
- « De la recherche à l’humain », Seneffe
- « Rétrospective Yellow Now, Paris
2003 – « Drapeaux d’artistes », Liège
- 30e anniversaire de la galerie Détour, Jambes
- Librairie Quartiers Latins, Bruxelles
- Festival du film d’artiste, MAMAC, Liège
2004 – « Quinze regards sur la collection de la CERA Fondation, MAMAC, Liège
- « La disparition », organisé par VU, centre de diffusion et de production de la photo. , Québec
- « Au galop », Le comptoir, Liège
- « Un chalet d’amateur », Le chalet de haute nuit
2005 – « Nivelles, ville de mots
- « Artbrussels » Galerie Jacques Cerami
- « 20 ans après », carte blanche à Alain Delaunois, La Châtaigneraie
- « Digestion, mémoire et transmission », MAMAC Liège (catalogue)
- « Festival du film d’artiste », MAMAC Liège
2006 – « Carte Blanche à la galerie J. Cerami » - Les Brasseurs, Liège
- « Carte blanche à Contretype », galerie du Comptoir du livre, Liège
- « Dis-moi+ », Les Brasseurs s’exportent au MAMAC Liège
– « Artbrussels » Galerie Jacques Cerami
– « Noir », Galerie Jacques Cerami (catalogue)
- « Dimensions intérieurs », Le botanique, Bruxelles
- « Arte coppo et le Chalet de haute nuit, Verviers
- « Bienale du Désign de Liège
2007 – « Art Brussels 2007 », galerie Jacques Cerami
CATALOGUE SET PUBLICATIONS
« Les mots appartiennent à tout le monde » (1998)
- « Images de mots » (2000)
- Drapeaux d’artistes (2000)
- « Anges dévastés » (2001)
- « La disparition » (2002)
- « Bonjour, 24 artistes vous rencontrent » (2002)
- Rencontres de la photographie à Arles (2002)
- Les Aubenades de la photographie (2002)
- « De la recherche à l’humain » (2002)
- 30 ans de la galerie Détour (2003)
- 15 regards sur la collection de la CERA Fondation (2004)
Publication :
- Mensuels du Cirque Divers N° 54, 136, 174
- Livre aux éditions Yellow Now, texte de René Debanterlé (novembre 1987)
- « La photographie, comme c’est abusant », Musée de la Photo. de Charleroi (février 1991)
- Une Page sur la guerre dans Flux-news N°7 (septembre 1995)
- Une page dans « C4 » (décembre 1996)
- Papel Alpha, Cuadernos de fotografia – N°3 (1997) Ediciones Universidad de Salamanca
- “Ca fait du bien d’ôter ses choses sûres » éditions Yellow now (2000)
- Le carnet et les instants N° 115
- Arsenal n° 4, Brest
- « La 3ième mi-temps », le Comptoir, Liège
- Culture et Démocratie N° 6 (mai –juin 2003)
POL PIERART PAR MARIE GUÉRISSE
« Quand quelqu’un fait sienne l’une de mes peintures, ça me réconcilie avec moi-même. »
Loin de considérer l’art comme une fin en soi ou comme un objet de contemplation, Pol Pierart l’envisage en tant que moyen, pour établir une relation avec l’autre. Sans provocation ni ostentation, il partage les questionnements qu’il rencontre au quotidien.
A travers le dialogue entre l’image et le (jeu de) mot(s) – qui apparaît aussi bien dans les peintures que dans les photographies et dans les vidéos –, il nous plonge avec finesse dans nos réflexions sur nous-mêmes et sur le monde dans lequel nous vivons.
« Le passé, c’est mort ; et l’avenir, c’est la mort. Ça a l’air pessimiste mais au contraire : tout est dans l’instant présent ! »
Chaque facette semble teintée de discrets paradoxes, dont les éléments s’allient plutôt que de se heurter. S’il y a de la gravité dans l’oeuvre, elle est ludique. S’il y a de l’humour, il est mélancolique. S’il y a de la complexité, elle est générée par une économie de moyens et aisée à s’approprier. Si le propos est essentiel, il se montre modeste. Si l’idée prévaut, elle s’incarne. Si l’expérience est particulière, elle tend à l’universel. Si le sens glisse sans cesse, c’est vers la sincérité.
« Brandir les mots… »
Inscrits dans de grands aplats de couleurs, les mots se voient en tant qu’images et se lisent comme les calicots que les manifestants brandissent pour rendre leur parole plus présente. Leur polysémie invite le spectateur à entrer dans le jeu du tableau, en choisissant différentes combinaisons de lettres dont il s’approprie les suggestions à l’envi.
« Je ne veux pas que ma peinture soit violente, qu’elle s’impose trop. »
Les dimensions de la toile sont suffisantes pour qu’elle s’avance – contrairement aux photos qui demandent à ce que l’on approche – tout en restant humaine. Peau sans cadre, sobrement sensuelle, elle ne dépasse guère deux bras ouverts ou l’embrasure d’une fenêtre.
« L’une des finalités de la peinture est de rendre l’objet présent. »
Le langage plastique se contente de rendre la toile intense et de servir le propos. Rien de spectaculaire, ni de particulièrement esthétique, mais une composition, une matière, une couleur, un trait, un empâtement, un effacement, une biffure, une tache… qui s’allient à l’idée, dans une recherche de simplicité.
« Les mots sont peints dans – et non sur – la couleur. »
Le tracé des lettres participe à l’image. Les majuscules – impersonnelles mais peintes à la main, effacées au chiffon, barbouillées au doigt –, renvoient à la matière, au geste, au trait discrètement rond ou anguleux, tranquille ou expéditif, léger ou appuyé, selon l’état d’esprit qui déteint sur l’écriture, comme malgré soi.
« C’est le journal de bord d’un quidam qui s’appelle Pol… »
Les centaines de photos en noir et blanc relèvent en vrac des instants du quotidien. Bordées de noir, en format 10x15, sans sujet grandiose ni déploiement technologique – l’appareil est un ancien argentique et le développement est réalisé par l’artiste en chambre noire –, elles semblent conserver la mémoire de ce qui a été. On les aborde avec une douce curiosité, comme des traces familiales posées dans leur cadre sur un buffet.
« Mon travail, c’est l’auberge espagnole. Et c’est tant mieux ! »
Continuellement, que l’on écoute la radio en vaquant à ses occupations ou que l’on se balade, l’œil et la pensée finissent par cristalliser certains moments. Ce qui traverse ainsi l’esprit de Pol Pierart passe sans transition du drolatique au dramatique, des questions religieuses aux aphorismes, des préoccupations sociales à la nostalgie de l’enfance… Quelques traits se développent avec le temps, répétés dans différentes photos ou déclinés sur toiles. Des décors et objets à la symbolique élémentaire reviennent régulièrement – le mini squelette, le nounours, le globe, la croix – ils font partie de la maison, des alentours, de la vie.
« Je ne parle pas de l’art mais des préoccupations de tout un chacun. »
A travers des saynètes simples, à la mise en scène décalée, Pol Pierart utilise sa personne comme une marionnette, les images emblématiques de ses jouets et le cadre dans lequel il vit, en association avec ses mots d’esprit, pour suggérer les rapports au temps qui passe, à l’amour, à l’avenir du monde, aux croyances… à tout ce que l’« on » évoque souvent avec trop d’empressement. Sans complaisance vis-à-vis de lui-même, il convie chacun à faire une halte pour observer ses propres résonances.
« Un jour, j’ai décidé de ne plus grandir. »
L’enfance, brandie du bout des doigts, ranime nos facultés d’émerveillement, réveille le plaisir de découvrir de l’âme et de l’art dans le banal, de créer un univers avec presque rien, de passer du sourire au bord des larmes.
« La poésie, c’est la réalité évoquée, donc à compléter, pas définitive, active... »
Qu’il soit assimilé à une photo 10x15 en noir et blanc encadrée ou à une toile dix fois plus grande en couleur et sans châssis, le propos ne se veut en aucun cas écrasant. L’œuvre nécessite l’initiative de celui qui la regarde, entreprend de lui donner du sens, l’achève provisoirement.
« On peut vivre sans art. Mais on ne peut pas vivre sans idées. »
En réécrivant des expressions communes, Pol Pierart brouille les signes et sabote nos certitudes. Ses images convoquent notre vécu, épinglent les contradictions de notre société, nous font parler de l’Homme.
Marie Guérisse
POL PIERART PAR ANNE WAUTERS
Dans l'œuvre photographique de Pol Pierart, le médium, parce qu'il est décliné dans la simplicité et l'immédiateté du noir et blanc, favorise la lecture de l'image, le déchiffrement des mots et de l'humour.
De petits écriteaux blancs, disposés auprès d'objets avec lesquels ils interagissent ou présentés sur fond de vues extérieures, donnent à lire de courtes phrases fonctionnant à la manière de slogans, de maximes ou d'expressions subtilement détournés, notamment par le recours à l'homophonie. Dans d'autres images, à l'instar de ce que pratique l'artiste en peinture, un mot est transformé par la réécriture de certaines lettres ou par le truchement d'une graphie différente pour ouvrir sur une double lecture.
L'environnement immédiat de l'artiste, son cadre de vie et les objets qui l'entourent lui procurent les supports de ses réflexions. Il n'est dès lors que logique qu'il se mette parfois lui-même en scène, ne désirant pas se soustraire à cette vision de l'humanité dont il épingle les problèmes et contradictions, en une satire tendre ou plus mordante lorsqu'elle stigmatise la situation sociale voire politique.
Les œuvres, à l'image du fil de la vie, passent du registre le plus trivial, le plus frivole au registre le plus grave, souvent empreint de poésie. Et si ces images reposent sur le principe du jeu de mots, elles invitent néanmoins le spectateur, dans le battement du décryptage, à convoquer son propre vécu, étant bâties à partir de ces anecdotes qui rythment le quotidien de tout un chacun. Sous des dehors humoristiques, se lisent en filigrane une profondeur, une lucidité porteuses d'une réflexion plus existentielle.
Sans vraiment former série, ces oeuvres constituent un journal de bord dans lequel la disparition, l'image même de la mort, est récurrente. Celle-ci apparaît symboliquement sous la forme de squelettes miniatures ou de têtes de mort qui sont les supports de sentences paradoxalement pleines d'ironie. Cet humour dénote une certaine familiarité avec la mort -elle fait intrinsèquement partie de la vie, ne serait-ce que par la pensée- et traduit une volonté d'exorciser, d'évacuer l'inquiétude et les tabous qui continuent en ce domaine à peser sur la société occidentale.
Par ailleurs, le temps et sa fuite inexorable, le souvenir, le devenir de l'être humain conditionné par les événements de l'enfance jalonnent l'œuvre. Bien plus qu'un thème, plutôt un fonds, un substrat essentiel de réflexion, le rapport au passé est vécu moins comme un rapport à la disparition que comme une rémanence, venant régulièrement hanter l'artiste. L'enfance est fréquemment évoquée par la présence d'objets -ours en peluche principalement- en conjonction avec des transformations de mots fonctionnant à la manière d'un lapsus. A partir des traces indélébiles d'un vécu personnel, l'artiste atteint à l'universalité par le partage –
toujours sous couvert d'humour – de nos questionnements et de nos modes de fonctionnement.
Pol Pierart, et ceci s'inscrit dans la logique d'économie de moyens dont font preuve ses images, estime que celles-ci peuvent être considérées comme proches de la "photo d'amateur". Elles en ont d'ailleurs le format standard et leurs dimensions réduites l'amènent encore à les qualifier de "photographies de chevet" ou de "photos de poche". C'est avec cette même "modestie" d'approche, toujours à partir des éléments de son environnement, qu'il a également réalisé de courts films en super-8. Ce procédé lui permet d'obtenir un cinéma dit "familial et expérimental" qui relève de la même philosophie que sa photographie. L'utilisation de la vidéo, en effet, ne correspondrait ni à sa démarche artistique ni à sa conception de l'existence.
Anne Wauters
(Texte publié dans « La disparition », catalogue de la 3ème Biennale internationale de la photographie et des arts visuels de Liège, 2002.)
PUBLICATIONS:
Pol Pierart
"POL PIERART - EDITION LIMITÉE ET SIGNÉE 1/300"
Éditeur: Ville de Dudelange - Centre d'art Nei Liicht
Prix de vente: 40 €
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