FRMK À PARTIR DE LA BANDE DESSINÉE
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FRÉDÉRIQUE COCHÉ
FRMK
La nébuleuse entité Frmk (prononcez Frémok) résulte de la fusion de deux collectifs, Fréon (Bruxelles) et Amok (Paris).
Frmk est à concevoir comme une plate-forme qui se déploie sur plusieurs niveaux.
Frmk est une maison d’édition qui génère, publie et promeut des nouvelles formes dans le domaine de la bande dessinée et des littératures.
La singularité de cette maison d’édition est d’être gerée par des auteurs.
Frmk produit des événements dont l’objectif est la mise en relation des différentes disciplines artistiques. En ce sens, la création, la production des ouvrages de bande dessinée est conçue en interaction avec les autres formes d’expression.
Autrement dit, la bande dessinée publiée par Frmk se conçoit sur un mode d’échanges, de prolongements des formes à travers différentes pratiques : arts graphiques, arts séquentiels, arts de la scène.

Frmk défend une poétique de la forme qui est aussi une politique de la forme.
Il y a, non pas un style, mais une écriture propre au Frémok. On peut la caractériser du mot de poétique : on dira écriture poétique et visuelle ou poétique du regard. Il s’agit fondamentalement de faire trembler le sens, d’élever le regard, d’opacifier, non pas par goût de l’hermétisme mais par quête de ce qui demeure dans les plis. Dans les plis de la matière, dans les incises, dans les creux, vers ce qui se refuse à la langue mais non à l’oeil. L’oeil est ici le prolongement de la langue. Une poétique si engagée dans l’affirmation du geste, dans la matériologie de l’image est forcément l’interface d’une politique du regard. Cette politique est certes une politique du refus (refus de l’idéologie postmoderne de la transparence et de la légèreté des signes corrélative au phénomène de surf), mais c’est aussi une politique de l’affirmation d’un nouveau champ séquentiel (or comme «L’homme à la caméra» le montre très bien, la conception séquentielle est un enjeu majeur pour la société). Dans ce nouveau champ séquentiel, l’image renoue avec le temps, avec la fouille archéologique et sémantique (voire a-sémantique). Le regard se dévoile pour ce qu’il est c’est-à-dire la conséquence d’un geste et d’une histoire, il ne mime pas le naturel. Dit comme cela, ça semble bien peu, mais ce peu est sans doute essentiel à l’homme et à la femme d’aujourd’hui.

www.fremok.org


OLIVIER DEPREZ
L’outil de prédilection de l’auteur est la xylographie ou gravure sur bois. La création de Deprez se déploie à la rencontre de la littérature et des arts graphiques. La gouge se vit comme prolongement de la plume, du stylo ou du clavier. Le coup de gouge se veut l’équivalent de la phrase. Deprez est l’auteur d’un livre qui transcrit en gravure sur bois «Le Château» de Franz Kafka.

FRÉDÉRIC COCHÉ
Coché a déjà publié des ouvrages (Hortus Sanitatis, Vie et mort du héros triomphante) qui témoignent d’une grande maîtrise de son art. La véritable matière du travail de Coché est non pas l’image, mais l’image prise dans le temps, l’image spectrale en somme (et en cela, l’on n’est pas très loin des thèses de l’image comme survivance, comme spectre, émises par l’historien de l’art Aby Warburg). L’outil de fouille de Coché est aussi bien l’acide mordant la plaque de métal que le pinceau sur la toile.

THIERRY VAN HASSELT
La scène, l’écran, la page, sont des supports sur lesquels s’affirme la matière mouvante et séquentielle de l’artiste. De ce point de vue, Van Hasselt est certainement l’un des auteurs qui a le mieux accompli le saut transgénérique qui transmue le dessinateur de bande dessinée en artiste contemporain.
Auteur de deux ouvrages remarquables (Gloria Lopez et Brutalis), il participe aussi à la création de spectacles de danse contemporaine avec Karine Ponties.

MICHAËL MATTHYS
Auteur de «Moloch», livre entièrement réalisé en aquatinte, Matthys convie le lecteur, le spectateur, à regarder l’intérieur des choses : intérieur de l’usine et à un autre niveau intérieur du corps (par l’usage du sang, le sang de boeuf qui ici prend une valeur métonymique, boeuf vaudrait pour bête humaine). Chez Matthys, la référence photographique maintient un degré de réalisme (comme si la photographie était immanquablement du côté du réel, vouée au réel) et ce réalisme est malgré tout défait, contesté par le traitement graphique.

VINCENT FORTEMPS
Auteur d’une oeuvre multiforme, Fortemps a notamment publié «Cimes», «La digue» et «Chantier Musil». En compagnie de François Verret, il a inventé la cinémécanique, procédé de création en direct d’images animées. Le monde de Fortemps est un monde terrien à la Faulkner. Un monde travaillé par l’émotion d’une fanfare et la trivialité de la défécation. La matière est griffée, étalée, arrachée, triturée, grattée. Les images tremblent. Le crayon lithographique marque la page de sa trace noire.




YVAN ALAGBÉ
Yvan Alagbé est l’auteur de «Nègres Jaunes». Dans cette oeuvre qui se soucie de la mixité, une notion stratifiée et complexe du signe graphique, de la trace et de la page se manifeste.
Le sens monte et se démonte, processus mené par un usage incisif de l’encre. Alagbé se fait en effet le porte-voix de la voix minoritaire et de l’image minoritaire. On ne peut lire ni regarder les dessins d’Alagbé sans se rappeler que le chromatisme y tient un rôle éminemment politique.